Soirée d’ouverture : Ils ont dit…

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François Charlet, Magali Philip, Sami Coll, Cédric Jeanneret, Sébastien Schopfer

La soirée d’ouverture nous a appris beaucoup de choses, et sur plusieurs volets.

François Charlet, qui a remplacé au pied levé son maître de stage Sébastien Fanti, nous a présenté ce qu’est une donnée et sa catégorie selon la Loi sur la Protection des données (LPD). Notamment, le fait que nos données publiques sont potentiellement récoltées par des agences à des fins de profilage et malgré que cela soit très peu éthique, cela reste légal. Plus d’informations sur son projet “Donnez-moi mes données” en collaboration avec la RTS (ATICOM participe également)!


Magalie Philip nous a donné une très belle leçon de “Data journaliste”. Elle a expliqué comment en 20 minutes, elle est remontée dans le passé de Johnny Halliday sur son compte Instagram. Ainsi comme il y avait beaucoup de contenu il a été possible de déduire le nombre de jours que la star a passé dans son “ancien” chalet à Gstaad. Cette information relayée au travers de “Sonar” a eu des conséquences intéressantes puisque Les Halliday ont dû communiquer leurs nouvelles nationalités et lieu de résidence. Magalie Philip nous a aussi montré comment en changeant la langue de base de FB (choisir l’anglais) on pouvait accéder à un outil controversé et non accessible pour la Suisse et d’autres pays. Il s’agit de “Graph search”: un outil qui permet de chercher qui aime quoi, qui participe à quoi sur Facebook. La leçon du jour de Magalie ?

Toute information qui est transmise peut être utilisée de manière différente par n’importe qui. Nous perdons alors la maîtrise d’une donnée, dès qu’elle est transmise sur la toile. Il s’agit donc de réfléchir plusieurs fois avant de publier une information.


Le chercheur et spécialiste en Big Data Sami Coll a quant à lui apporté une matière bien différente. Il nous a expliqué ce qu’était le concept même du Big Data. C’est ainsi que nous avons entre autre chose, appris que derrière le terme Big Data se cache le même principe que celui du capitalisme. Le but final du capitalisme est d’amasser de la richesse sans forcément savoir quoi en faire. Le but étant donc d’avoir le plus de richesse possible, “point” ! Le Big Data fonctionne de la même manière. Le but est d’avoir le maximum de données sans forcément savoir quoi en faire, et ces données sont vecteurs de richesse potentielle. Nous avons aussi appris que le terme “anonymiser les données” n’avait pas de sens, puisqu’un recoupement permettait de retrouver l’identité d’une personne sans forcément avoir le lien avec son identité. Le Big data est aussi un appauvrissement culturel. Un des exemple les plus significatif est celui de la chaussure de sport. Comme la donnée “sport” est présente, les publicités se focalisent dessus sans pour autant proposer d’autres produits. On suggère alors que ce qui potentiellement a le plus de chance d’être vendu. Le Big Data n’est donc pas une valeur miracle, mais un outil avec ces défauts. Le concept peut enfermer un consommateur dans un profil non évolutif: cela crée alors un appauvrissement de l’offre et de la découverte. Son livre “Surveiller et récompenser” (édition Seismo) en parle de manière plus détaillée.


 Le dernier intervenant est Cédric Jeanneret créateur et gestionnaire de la plate-forme d’alerte Ethack (ATICOM la recommande, ne serait-ce que pour la qualité des sujets et de l’actualité technopolitique en Suisse). Sa présentation avait pour objectif de clôturer la conférence par des explications et méthodes concrètes de protection personnelle. Il a abordé un concept simple et pourtant pas si facile à mettre en place quand on connaît peu le sujet… l’hygiène numérique. Il a expliqué comment entretenir son navigateur afin d’éviter de laisser trop de cookies (petits fichiers installés dans le navigateur par les sites visités) qui transmettent des informations à d’autres sites web. Nettoyer souvent le gestionnaire de mot de passe, le cache et l’historique de navigation. Il a aussi démontré que le smartphone est un vrai petit mouchard. Il faut désactiver le plus possible les fonctionnalités de transmission d’information (bluetooth, wifi, NFC/RFID…) et éviter ainsi la transmission non voulue de données personnelles et de géolocalisation. Voici un exemple simple et concret: une application “coussin péteur” n’a pas besoin d’avoir accès ni aux contacts, ni au SMS, et encore moins à internet. Le conseil que donne Cédric Jeanneret est simple : les applications ne sont pas toutes sans danger, même si elles sont très pratiques, parfois, mieux vaut s’en passer que transmettre ses contacts à des entreprises dont on ne connaît même pas le rôle. Il s’agit de faire très attention aux applications bancaires et sociales qui transmettent la totalité des numéros de téléphones du carnet d’adresse ou même… des photos.

Un commentaire sur “Soirée d’ouverture : Ils ont dit…

  1. Merci pour le résumé de cette soirée inaugurale : texte clair, synthétique et qui donne un bon aperçu de la richesse des présentations faites par les orateurs. On ne peut que souhaiter une pleine réussite à cette nouvelle association fort utile pour tout(e) utilisateur/trice des réseaux électroniques.

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